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Histoire des débuts de Cupids
Fierté, productivité et présence des pirates : une brève histoire des débuts de Cupids

L'histoire de Cupers Cove (aujourd'hui Cupids) n'est pas seulement celle d'une petite et fière communauté qui a subi le test du temps, c'est aussi un récit d'un grand intérêt historique pour Terre-Neuve-et-Labrador – et pour le Canada – comme nous les connaissons aujourd'hui. C'est une histoire de vision et de détermination, d'aventures intrépides et de disputes sanglantes. C'est surtout l'histoire d'une survie malgré l'adversité.

Tout a commencé il y a plusieurs centaines d'années, en 1610 plus précisément, alors que de l'autre côté de l'océan, en Angleterre, un groupe d'importants marchands se sont réunis pour former ce qui est plus communément connu sous le nom de London and Bristol Company. En tête de leur programme : la colonisation de l'île de Terre-Neuve, dans le but d'y développer l'agriculture et la pêche. En août 1610, la compagnie a reçu sa charte du souverain régnant, le roi James I.

Sans plus de cérémonie, un groupe de 39 hommes, menés par un marchant de Bristol, John Guy (généralement regardé comme le père de Cupids), a hissé les voiles pour traverser l'Atlantique avec des animaux d'élevage et tout juste des provisions de base. Leur mission consistait à s'établir à Cupers Cove, à cultiver la terre pour s'en nourrir, à fortifier l'établissement et, enfin, à pêcher et à faire du commerce pour vivre. Dans des conditions météorologiques souvent très difficiles et en l'absence d'un grand nombre de produits de luxe et des commodités auxquels les hommes étaient habitués dans leur patrie, ce n'était pas une tâche facile.

Le travail a commencé dès que les colons éventuels ont mis pied sur la terre qu'ils venaient d'acquérir. Il fallait couper les arbres et libérer le terrain. Un chargement de billes a été envoyé en Angleterre sur le bateau qui avait transporté les colons. C'était le premier fruit de leur labeur. Avec le reste du bois d'œuvre, ils devaient monter leurs premières constructions. Au premier décembre, ils avaient terminé leur première maison et une seconde construction servant de magasin. Ce sont là les humbles commencements de la nouvelle communauté.

La chance a souri aux nouveaux colons durant leur premier hiver, qui a été doux en comparaison des conditions habituelles de Terre-Neuve. Il n'est pas tombé beaucoup de neige. Cela a permis aux hommes de continuer à travailler dehors, à défricher la terre, à explorer les alentours et surtout à construire. Ils ont fait de grands progrès dans la construction d'installations et de bateaux, comme le montre une lettre envoyée en Angleterre par Guy seulement neuf mois après le début de la colonie. À ce moment, ils avaient déjà construit un atelier de façon à pouvoir continuer à travailler quand le temps était mauvais, de même qu'un fortin et une forge. Étonnamment, ils avaient aussi trouvé le temps de monter six petits bateaux de pêche et une « barque » de 12 tonnes (un bateau à voiles muni d'au moins trois mâts) pour explorer davantage l'île. Ils l'ont appelé l'Indeavour.

En 1611, Guy a édicté huit lois que ses colons devaient respecter, alors que lui-même repartait pour l'Angleterre, pour revenir le printemps suivant avec 16 colons de sexe féminin. Puis, d'autres colons ont suivi au même printemps et à l'été, et la construction s'est poursuivie rapidement : une scierie, un moulin à broyer le grain et d'autres bâtiments, tous terminés pour l'été 1612. Dans la bonne tradition anglaise et terre-neuvienne, ils se sont même construit une brasserie pour pouvoir fabriquer leur propre bière!

Mais il n'y avait pas que la construction et la bière. Des dangers menaçaient la colonie et de nouvelles aventures attiraient les premiers colons de Cupers Cove. Le danger est venu des pirates, surtout du tristement célèbre pillard Peter Easton, qui s'est aventuré pour la première fois à Terre-Neuve en 1612 et a construit un fort à Harbour Grace. Il s'est bientôt mis à attaquer de nombreux bateaux, à voler des provisions aux pêcheurs et à forcer certains d'entre eux à se joindre à lui dans ses aventures inhumaines. Dans un effort pour résister à la menace d'Easton, les colons de Cupers Cove, qui avaient à ce moment-là commencé un second établissement à Renews, ont été forcés d'offrir de précieux animaux d'élevage comme paiement de protection.

Quand Easton a hissé les voiles vers d'autres côtes à conquérir, les colons sont partis pour leurs propres aventures, c'est-à-dire pour rencontrer les indigènes Beothuks, dans une tentative pour faire la traite des fourrures. En novembre 1612, les colons ont pris un premier contact avec les Beothuks, dans les environs de Bull Arm, dans la baie Trinity. Dans une rencontre historique, les colons et les Beothuks ont échangé des cadeaux et partagé un repas.

À l'hiver 1613, la colonie de Cupers Cove florissait. Soixante-deux personnes avaient choisi d'y vivre. Mais elles n'étaient pas sans avoir des problèmes. L'hiver était dur et près de la moitié de la colonie était frappée par le scorbut. Toujours plein de ressources, les colons ont découvert finalement qu'ils pouvaient guérir le scorbut en mangeant les navets crus laissés dans le sol, mais la maladie avait déjà entraîné la mort de huit d'entre eux. Elle a aussi atteint beaucoup d'animaux à cause des conditions climatiques difficiles de cette année-là.

Toutefois, il y a eu au moins une bonne nouvelle : la naissance du premier enfant, le 27 mars. Fils de Nicholas Guy et de sa femme, le garçon devenait le premier enfant anglais né au Canada.

En avril 1613, John Guy a quitté définitivement Terre-Neuve. Il devait connaître un grand succès comme membre du parlement de l'Angleterre, son pays natal. Il a fait vigoureusement campagne pour les droits des colons de Terre-Neuve tout au long de sa carrière politique. En 1615, John Mason a assumé la charge de gouverneur de la colonie de Terre-Neuve. Son mandat de six ans a été hautement réussi. Il a débarrassé la colonie de la menace des pirates. Plus tard, il est allé établir de nouvelles colonies dans le Maine et au New Hampshire. Il n'est pas clair s'il a été remplacé comme gouverneur de la colonie et si oui, par qui. Toutefois, le hameau de Cupers Cove a continué à se développer pour s'épanouir et devenir la communauté animée et fière que nous appelons aujourd'hui Cupids.